Comment nourrir l’humanité demain ?

La population mondiale croît de plus en plus vite. En 2018, nous étions déjà plus de 7,5 milliards d’humains sur terre. Selon les démographes, la population mondiale devrait atteindre 9,8 milliards d’ici 2050. Cette croissance exponentielle de la population signifie que l’on doit être capable de nourrir beaucoup plus de personnes.

Au XXe siècle, l’agriculture s’est modernisée avec la mécanisation (tracteur, moissonneuse-batteuse, etc.) et l’utilisation de pesticides ou d’engrais qui ont permis d’augmenter le rendement* des terres cultivées. On parle alors d’agriculture intensive*, procédé de production qui maximise la productivité d’une surface par l’utilisation de produits non naturels dans des délais rapides. Une notion à ne pas confondre avec l’agriculture extensive* qui privilégie les ressources de la nature sans avoir de contraintes de rendement à court terme.

Mais l’agriculture intensive, omniprésente aujourd’hui, commence à montrer ses limites.  En effet, ce système mécanisé et chimique a un lourd impact sur l’environnement et sur la santé des hommes et des animaux. L’utilisation de la sélection végétale avec des Organismes Génétiquement Modifiés (OGM)* diminue la biodiversité* de la planète. De plus, les produits chimiques comme les pesticides et certains engrais, que l’on nomme aussi « les intrants », endommagent les sols cultivés.

L’utilisation de l’eau est, dans ce mode de production, très importante. Imagine qu’il faut en moyenne quatre tonnes d’eau par jour pour produire ce que tu retrouves dans l’assiette d’un Européen !

Autre inconvénient de l’agriculture intensive : elle est énergivore. L’énergie la plus utilisée dans le monde agricole, c’est le pétrole. Et, comme tu le sais sûrement, le pétrole est une ressource limitée et de plus en plus difficile à extraire. Par ailleurs, sa combustion génère de la pollution atmosphérique.

Pour pouvoir nourrir l’humanité de demain, il faut donc chercher d’autres solutions. De nouvelles formes d’agriculture ont progressivement vu le jour depuis la fin du XXe siècle, mettant en avant un plus grand respect de la planète tout en cherchant un maximum de rendement.              ​

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                                                             © Pixabay                                         
  

C’est le cas par exemple de l’agriculture raisonnée. Il s'agit d'une démarche qui prend en compte la protection de l'environnement, la santé et le bien-être animal. L’objectif : trouver un équilibre entre le rendement agricole et le respect de l’environnement.

Même si l’agriculture raisonnée cherche cet équilibre, elle n’interdit pas l’utilisation de produits chimiques dans la production. Elle vise toutefois à sensibiliser les producteurs pour en réduire l’utilisation.

L’agriculture biologique  labellisée « AB » (A pour Agriculture et B pour Biologique), quant à elle, est un mode de production respectant la biodiversité, la préservation des ressources naturelles et s’assurant du bien-être animal. Ce mode de production exclut l’usage des OGM et limite au maximum les intrants.

D’autres méthodes de production agricole innovantes visant à nourrir l’humanité de demain sont expérimentées en France et ailleurs dans le monde. C’est le cas de la permaculture, une méthode où l’on cherche à imiter au maximum le fonctionnement de la nature (tu peux en savoir plus ici).

C’est aussi le cas de l’agroforesterie qui rassemble l’élevage, la culture maraîchère et les arbres sur une même surface, favorisant un meilleur rendement, la fertilité des sols, la biodiversité tout en préservant l’environnement.

Ou encore celui de l’agroécologie. Ce terme désigne un ensemble de pratiques agricoles qui prennent en compte l’ensemble du milieu naturel et de son écosystème* afin d’améliorer les rendements tout en préservant les ressources naturelles. Cette méthode s’appuie au maximum sur la nature et réintroduit la diversité des cultures comme les cultures associées (en faisant pousser ensemble les pois et l’orge par exemple), le reboisement, etc. 

Lexique

Rendement* : en agriculture, c’est la quantité de produits récoltés sur une surface cultivée précise. Plus cette quantité est importante, plus grand est le rendement.

Agriculture intensive* : procédé de culture qui consiste à maximiser la production d’une terre par l’utilisation d’intrants (produits non naturels ajoutés à une terre pour accélérer ses rendements, tels que les pesticides etc…) et visant à tirer un maximum de rendement sur une surface donnée et dans des délais rapides.

Agriculture extensive* : procédé de production qui privilégie les ressources de la nature pour favoriser la pousse des fruits, légumes et céréales, sans avoir de contraintes de rendement à court terme. Ce type d’agriculture est utilisé dans des pays disposant de vastes étendues de terre.

Organisme Génétiquement Modifié (OGM)* : organisme vivant (végétal, animal…) dont les gènes ont été modifiés par l’homme pour lui donner des nouvelles propriétés. Une tomate OGM sera par exemple pensée pour être bien calibrée, ronde et rouge mais aussi pour être résistante aux maladies, aux insectes et aux pesticides afin d’augmenter son rendement.

Biodiversité* : la biodiversité c'est l'ensemble de tous les êtres vivants de la terre. C'est un mot composé à partir des mots « biologie » et « diversité ». On appelle biodiversité, la variété de la vie.

Ecosystème* : il s’agit d’un ensemble composé d’un environnement spécifique (sol, air, climat, lumière...) avec tous les êtres vivants (humains, animaux, végétaux, champignons…). Ils interagissent entre eux créant ainsi un écosystème.